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Il neige aussi sous la Mer ! Photo Jean-Pierre Stella (en Méditerranée).
"Bloom" sous la Mer ! Photo Jean-Pierre Stella (en Méditerranée, au large de l'Esterel, Mai 2013, par -20 m).
Il neige aussi sous la Mer ! Par Lionel Feuillassier, collaboration Denis Terver et Jean-Pierre Stella. La neige marine ou océanique est une curiosité très étonnante et intéressant, étroitement lié à la dégradation des matières organiques provenant des eaux de surface (zones photiques et eutrophiques, riches en lumière et en composants organiques). Elles vont aller "alimenter" les zones profondes (aphotiques et oligotrophes, sans lumière et pauvres en composants organiques), par un processus souvent induit à l'occasion de phénomènes de "cascading". Ces derniers se déclenchent lors du refroidissement brutal des eaux de surface (baisse des températures, vent, houle...). Les eaux refroidies (plus lourdes), plus denses et plus riches en oxygène "coulent" alors littéralement vers les profondeurs. Lorsqu'il se produit, ce processus de minéralisation de la matière organique, en lien avec une communauté bactérienne associée, est alors visualisé sous forme d'une "pluie" (ou d'une "neige") ininterrompue... ! Ce processus va permettre la dégradation progressive des matières organiques. Qualifiées de "labiles" lorsqu'elles sont facilement dégradables (poids moléculaires faibles tels que les biomolécules : glucides, lipides, proteines), elles seront consommées rapidement. A l'inverse, la neige marine des zones plus profondes, davantage constituée de matières organiques dites "réfractaires", est difficilement dégradable (poids moléculaires élevés). Bien entendu, plus on s'enfonce dans les couches profondes, plus ces matières organiques sont de moindre qualité. Celles qui ne sont pas dégradées en cours de route, viendront s'accumuler sur le plancher océanique où s'achèvera leur minéralisation. Cette accumulation permet ainsi de mieux comprendre pourquoi les zones profondes sont si riches en éléments nutritifs minéraux. Parfois, on assiste à de véritables "tempêtes de neige" comme j'ai pu l'observer lors de missions sous l'égide du LECOB (Laboratoire d'Ecogéochimie des Environnements Benthiques), (UPMC - CNRS UMR 8222) et de la COMEX (Compagnie Maritime d'Expertises, basée à Marseille). De petits sous-marins de type ROV (Remotely Operated Vehicle), étaient utilisés pour des interventions dans le Canyon de Lacaze-Duthiers au large de Banyuls/mer à des profondeurs de -500 m. En cas de "tempête", il devient impossible de distinguer quoi que ce soit ! Toute cette "neige" n'atteint évidemment pas le fond; une grande partie sera directement prélevée et consommée dans les 1000 premiers mètres par des organismes filtreurs ou de type suspensivores, dont font d'ailleurs partie certaines espèces qui composent le zooplancton (méduses, salpes...). Les organismes vivant dans les abysses sont étroitement tributaires de cette "manne". Ces neiges marines coïncident généralement (aussi) avec des périodes de productions intensives de biomasses en surface, comme celles liées à des blooms de phytoplancton, notamment observés au printemps et à l'automne. A la fin du printemps par exemple, suite à l'appauvrissement des couches superficielles en éléments (minéraux) nutritifs, le phytoplancton évolue et se dégrade, parfois très brutalement. Des blooms privés de ressources nutritives suffisantes et, en parallèle, un développement bactérien plus important, favorisé par des montées en température, permettent la formation de ces "flocons de neige". Leur présence et leur importance sont en fait cycliques et tributaires des saisons, des courants et de multiples facteurs pas toujours bien connus.leur formation
La formation de cette neige marine n'est souvent observée qu'à partir d'une certaine profondeur, généralement de l'ordre de 20 m. Rappelons qu'il s'agit essentiellement d'un agglomérat de matériel détritique organique issu des couches superficielles (phytoplancton ou zooplancton mort, matières fécales...), qui se fait grâce aux glucides excrétés par le phytoplancton vivant, glucides qui servent en quelque sorte de liant et donnent cet aspect muqueux et collant. On parle alors parfois "d'agrégats colloïdaux amorphes". Bien que débutant leur formation plus en surface, ces "agrégats" ne deviennent réellement perceptibles que grâce à l'augmentation progressive de leur taille. Cette dernière peut finir par atteindre, avec le temps et la profondeur, quelques centimètres de diamètre. Devenant de plus en plus "lourde", cette neige est susceptible de tomber et de couler de plus en plus vite. Son rôle dans le cycle du Carbone, et par conséquent dans la diminution de l'effet de serre, est, en outre, loin d'être négligeable.
Il neige aussi sous la Mer ! Photo Jean-Pierre Stella (en Méditerranée, au large de l'Esterel, par -20 m).

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