Comme hier, je sais que j'aurai beaucoup de paliers de décompression à effectuer. En fait cette fois-ci j'ai passé 33 minutes à 52,6m, aussi je devrai m’arrêter 2mn à 12 mètres, 6mn à 9m, 11mn à 6m et 30mn à 3 mètres, ce qui fait un total de 82 minutes pour cette plongée, là encore Raul Teves a été pour moi d'une aide précieuse. Après cette plongée nous avons remonté la bouée de signalisation de l'épave et après quelques heures de repos, nous nous sommes rendus à l'arrière de l'île Fortune dans le but de filmer les poissons du side scan sonar au travail, mais l'eau était trop trouble, c'est alors que nous avons arrêté et décidé de rentrer à Nasugbu, il était 17 h 45.
Le 26 avril, à 7 h 30 après avoir fait le plein de fuel à Nasugbu nous sommes repartis devant Fortune Island pour plonger sur la deuxième anomalie. Celle-ci se trouve à 42 mètres, elle est située au niveau de la pointe Est de l’île. Sur le fond j'ai rencontré un fort courant, je ne pouvais pas me stabiliser mais le seul avantage était d’avoir une eau très claire, finalement je n'ai absolument rien vu de spécial. Après cette plongée, nous nous sommes rendus sur l'île, nous avons démonté les trois balises émettrices et après avoir embarqué tout le matériel sur Kaimiloa, à 15h, nous avons levé l’ancre pour rejoindre le yacht club de Manille à 21 h 30. Je ne réalise pas encore l'importance de cette mission de recherches, de cette découverte et surtout de la quantité de travail que cela allait me donner pour les années à venir. Ceci fût la MISSION DE RECHERCHE DEVANT FORTUNE ISLAND, DU 9 AU AU 26 AVRIL 1991. LE 24 AVRIL, J’AI DÉCOUVERT L’ÉPAVE COMPLETE DU GALION ”SAN DIEGO”. Gibert FOURNIER
POMACANTHUS ARCUATUS – Fortune island – 25 avril 1991 – 52 meters deep.
Récit détaillé et exact de la mission de découverte, par Gilbert FOURNIER du galion "SAN DIEGO" (fin)
Fallait davantage de documents pour établir un dossier avec le plus d'informations possibles pour le National Museum et le groupe Elf déjà contacté pour sponsoriser une mission de fouilles probablement à venir dans un futur proche. Dès l'arrivée sur le site, je m'équipe et dans les mêmes conditions que la veille, seul, je regagne le fond, cette fois-ci j’ai pris mon équipement photo. De nouveau je me trouve précisément sur l'épave. Dès mon arrivée je me mets à genoux, je sors mon Nikonos III et son Flash Master Imasub, je pose le cache de l’objectif de 15mm sur la verge de l’ancre (que j’oublie et que je retrouverai 1 an plus tard lors de la mission de fouille) et je photographie les ancres, les canons, les jarres et tous ce que je peux, enfin pas tout ce que je veux car mon film ne me permets que seulement 36 pauses, ensuite je prends les mesures du site, la hauteur, la longueur, la largeur et également l'orientation, je relève tout cela sur ma tablette en plastique. Cette deuxième plongée me permet de me rendre compte que le galion est là, complet, que personne n’a revu depuis le jour de son naufrage le 12 décembre 1600 ; je suis stupéfait de découvrir sur cette épave une telle quantité d’objets. Là encore pour toutes ces opérations d’observation, de prise de vues et de mesures il a fallu faire très vite, mettre à profit chaque geste, chaque seconde, pour collecter le maximum d’informations car je savais que je n'y reviendrais pas maintenant, d’abord dans le but de garder secrète la découverte puis le temps de préparer la mission de fouille, probablement au début de l’année à venir.
Tôt dans l’après-midi nous repartons pour Nasugbu. Je me rends à la poste du village. Dès l’arrivée j’ai donné mon nom, celui de la personne que je désire contacter et son numéro. La standardiste me donne un petit papier et me demande d’attendre qu’on m’appelle. C’est en France, à Paris, elle doit d’abord se connecter avec Manille, sans arrêt je la vois qui enfile des fiches dans des trous, les retire et les remet dans un autre trou rapidement et énergiquement jusqu’à ce que au bout de 30 minutes la communication s’établisse enfin. C’est alors que j’ai pu informé Franck de ma découverte. Ce matin-là, alors qu’au départ de Nasugbu nous avions eu ce problème de casse, et que j’ai dû me fâcher pour que nous ne repartions pas à Manille, je crois qu’un subconscient me poussait, que quelque chose me disait que je devais aller plonger sur les anomalies, je ne sais pas quelle force me poussait pour avoir autant insisté et m’être finalement imposé pour vouloir venir sur le site. C’était mon jour, je devais y aller. Le résultat a bien justifié mon insistance et ma détermination a été bien récompensée et quelle récompense! Je considère que c’est la plongée dont tous les vrais plongeurs du monde aimeraient réaliser.
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"Les reconnaissances de la Mer à un plongeur passionné"
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