Gnathonemus petersii est un des poissons électriques les plus évolués. Ses organes émetteurs, situés dans le pédoncule caudal, sont capables non seulement de sonder le milieu à l'aide de leurs impulsions, mais d'en moduler dans des proportions étonnantes la fréquence, l'intensité et les intervalles en fonction de ses besoins en information ou en communication (de quelques Hz au repos - ou même du silence électrique de soumission ou de camouflage - jusqu'à plus de 100 Hz en nage très rapide, en combat, ou ... pour menacer !). Son système nerveux, gigantesque pour sa taille, est doté de dispositifs internes anti-brouillage qui lui permettent d"'écouter" simultanément d'éventuels messages extérieurs et de s'entendre lui-même sans interférence fâcheuse entre communication et sondage. Il est en effet en relation électrique avec son milieu sur deux canaux de sensibilité : un canal de détection à longue distance qui lui permet , grâce à une catégorie particulière d'électrorécepteurs dits "de type II", de repérer à plusieurs mètres les amis ou les ennemis et de "lire" leurs messages spécifiques. La forme de l'impulsion ou les harmoniques de l'onde captée sont source d'informations sur l'espèce ou le sexe; la puissance du signal indique l'âge ou la taille, la modulation des "salves", de la fréquence ou des silences exprime les intentions : menace, séduction, soumission. Un canal d'électrolocalisation rapprochée sert à la navigation sans visibilité. Ces performances sont réalisées grâce à plusieurs sortes de récepteurs très spécialisés et à des "portes" nerveuses bloquant ou débloquant les informations pour qu'elles ne se chevauchent pas. Deux pulsatoires peuvent intercaler leurs échanges sans gêne ni brouillage, mais peuvent également les faire intentionnellement coïncider pour destabiliser l'adversaires ! Si l'électrogénèse et l'électroperception paraissent liées au besoin d'information et de communication imposé par la vie de relation, il n'est pas impossible que d'autres besoins (affectifs ? nutritifs ?), trouvent leur expression dans une autre forme de communication : acoustique cette fois, dont ce poisson est également capable.
Gnathonemus petersii : adultes en élevage chez André Florion (Fiche aquariologique N° 187 et 188). Photo D. Terver - Muséum-Aquarium de Nancy.
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Légende des vignettes ci-dessus : les 3 images du haut = rappels concernant les organes électriques chez le Poisson-éléphant. Les 3 images suivantes = progression d'un poisson-éléphant et déformation du champs électrique à l'approche d'un obstacle ("silence radio" au centre).
Pour voir les Poissons-éléphants dans un aquarium et les "entendre" , cliquez sur "Son et Lumière des Poissons électriques" Pour les entendre "parler":

Ci-contre, exemple d'un signal résultant de la superposition d'une fréquence fondamentale et de son harmonique 2 (pour simplifier, on a supposé qu'il n'y avait pas de déphasage entre la fondamentale et l'harmonique 2). Le courant émis par les poissons, qu'ils soient pulsatoires ou ondulatoires, présente généralement un caractère alternatif mais il est complexe et peut être analysé comme la somme de plusieurs courants alternatifs élémentaires dits harmoniques. Une harmonique peut être définie comme un multiple entier de la fréquence fondamentale d'un phénomène périodique. La combinaison de cette fréquence et des harmoniques détermine la forme que l'onde résultante, ou signal résultant, présente sur l'écran de l'oscilloscope. L'oscilloscope est un appareil permettant, à l'aide d'un spot judiscieusement synchronisé, d'immobiliser, de mesurer et de projeter sur un écran, l'image d'un phénomène physique évoluant dans le temps. Figure, légende, définitions et bandeau sont extraits d'un fascicule sur les poissons électriques, intitulé "Electrocosmos, le peuple de l'onde", mis à la disposition du public du Muséum-Aquarium de Nancy, conçu et réalisé par André Florion et Chistian Willig, édité par la Communauté Urbaine du Grand Nancy - Université de Lorraine.
Les Poissons-éléphants appartiennent au groupe des Physostomes (la vessie gazeuse, dite aussi natatoire, est reliée à l'oesophage par un fin canal pneumatique fonctionnel). C'est à ce niveau que sont, volontairement, produits ces sorte de "borborygmes vocaux", amplifiés par la vessie gazeuse. Capter ces sons n'est pas simple ; un micro, relié à un dispositif d'amplification doit, en effet, être plongé dans l'eau en ayant pris soins, grâce à une capsule en latex, de bien l'étanchéifier. Il faut ensuite équilibrer les pressions par injection d'air pour éviter que la membrane ne soit plaquée contre le micro, ce qui déformerait les sons recueillis.
Le Poisson-éléphant ( Gnathonemus petersii ), Mormyridés. Electrique pulsatoire à Modulation de Fréquence Le nom de genre Gnathonemus (en grec : fil au menton), fait allusion à la "trompe" de l'animal, laquelle n'est en réalité qu'un barbillon mentonnier à fonction principalement olfactive et tactile. Ce poisson habite les rivières d'Afrique Occidentale, du Niger au Zaïre. Sa famille compte 200 espèces, toutes faiblement électriques, toutes pulsatoires, chacune parfaitement identifiable par la forme de l'impulsion. D'une sociabilité intraspécifique moyenne (très chahuteur) il fait, par ses facéties, la joie des aquariophiles quand ils savent l'élever. Sans en faire un critère d' "intelligence" on observera que chez Gnathonemus le rapport : poids du cerveau/poids du corps est semblable à ce qu'il est chez l'homme ! En fait, c'est le cervelet qui est particulièrement développé chez les Poissons-éléphants.
Festival de Sons : Poissons électriques p. 01 - p. 02 - p. 03
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