Il est déjà trop tard … pour les uns, il n’est jamais trop tard …pour les autres. Nos océans ont une inquiétante tendance à devenir des poubelles et la situation ne s’est pas arrangée depuis 1970, année à laquelle il a été fait référence précédemment. Une certaine prise de conscience a sans doute évité une situation encore pire … au train où allaient les choses à l’époque. Mais, sans cesse, il faut, sur le métier, remettre notre ouvrage ! Pour redonner vie à un ruisseau, une rivière, un fleuve, le remède est assez simple : tarir toutes les sources … de pollution ! En effet, le cycle (pour l’instant) immuable de l’eau, amène sans cesse de l’eau fraîche et, après un temps relativement court (presque) tout revient dans l’ordre. Il n’y a qu’à pas …polluer ! Simple à dire mais, cependant, encore très difficile à faire ! Pour « sauver la Mer », c’est autrement plus compliqué ! Nos océans sont le réceptacle final de tous nos déchets physiques, chimiques et biologiques non traités et la « douloureuse » risque d’être « salée » pour les générations futures, même si une prise de conscience mondiale stoppait immédiatement tout apport nouveau de polluant … ce qui est loin d’être le cas ! Les aquariophiles le savent bien, eux qui, malgré toutes les attentions prodiguées, sont obligés, pour faire face à un problème ou maintenir une «qualité de l’eau indispensable à la Vie »… de changer d’eau ! « L’eau c’est la Vie » : tout le monde le sait et nous continuons pourtant à faire comme si la masse des océans était infinie ! Alors, question : comment ferons-nous, en cas d’urgence, pour « changer l’eau » dans ce vaste Aquarium qu’est la Mer ? « Mieux vaut prévenir que guérir » dit le proverbe. Aussi et avant qu’il ne soit vraiment trop tard, autant s’y mettre tout de suite pour déjà « mieux faire », à défaut de « bien faire » !
Au premier plan, jeune pousse pionnière à la conquête de nouveaux espaces, avec racines échasses. - au second plan "paillasson" de racines respirantes ou pneumatophores. Curieux pour une racine de pousser vers le haut (à l'envers en quelque sorte !) - à l'arrière plan, l'inextricable lacis de la Mangrove. Photo Gilbert Fournier
Les zones humides particulières que sont les Mangroves peuvent être assimilées à des forêts tropicales marécageuses situées en bordure de mer et soumises à l'influence du littoral (apport d'eau douce et de sédiments) et des marées. La salinité y est donc variable d'une saison à l'autre, parfois même d'un moment à l'autre, mais aussi d'un endroit à l'autre. Il en est de même pour la température et par conséquent pour l'oxygène dissous qui peuvent varier plus ou moins brutalement. Le sol vaseux et compact est particulièrement pauvre en oxygène. Le décor, pardon le biotope, est ainsi planté. Une biocénose va se mettre en place avec, en tout premier lieu, des arbres particuliers : les Palétuviers. Ils vont former un inextricable lacis de racines en échasse et de racines "respirantes" (pneumatophores), recouvertes d'algues et d'innombrables Invertébrés. Lagunes et chenaux vont également héberger une foultitude de Poissons qui viennent là pour se reproduire. Elle hébergera aussi de très nombreux juvéniles, en provenance du récif, qui vont y trouver abri et nourriture. Selon la localisation géographique de la Mangrove, des espèces plus ou moins attachées à cet écosystème répondront à l'appel. Poissons-globes ( Tetraodon ), Gobies-abeilles ( Brachygobius ), Perches-de-verre ( Chanda ), Poissons quatre-z-yeux ( Anableps ), pour les zones à salinité faible à moyenne. Archers-cracheurs ( Toxotes ), Monodactyles ( Monodactylus ), Scatophages ( Scatophagus ) pour des zones à salinité moyenne plus forte. Quant aux fameux Périophtalmes ( Periophtalmus ), ils se moquent éperdument, eux, de la salinité et "sortent de l'eau" pour "courir" sur la vase, "grimper" sur les racines inclinées... évoquant, de nos jours et sous nos yeux, comment, il y a des millions d'années, des Poissons ont pu sortir de la mer pour conquérir les terres ! Les Mangroves, un écosystème où la biodiversité foisonne et qu'il faut impérativement protéger. Il est facile d'imaginer (et, hélas, trop souvent, de voir), ce que deviennent ces endroits magiques lorsque la folie de hommes, casse (et pourquoi ?), impunément, de si beaux édifices naturels !
Cela va sans dire, mais encore mieux en le... rappelant ! La traditionnelle et annuelle « Journée Mondiale des Zones Humides » (JMZH), s'est déroulée le 2 février dernier, avec, cette année, comme thème : "Les zones humides protègent notre eau" . De plus, l'année 2013 a été proclamée par les Nations Unies " Année internationale de la coopération dans le domaine de l'eau" Se préoccuper de Biodiversité et de Protection des Espèces, n’a de sens que si la pérennité des habitats, le nôtre y compris, est assurée ! Les «Zones Humides » justement, abritent, ce que les aquariophiles savaient déjà, par définition, 100% des Poissons! Ces derniers sont donc particulièrement menacés par la destruction des ZH, notamment dans les régions équatoriales et tropicales, mais pas que ! Comment faire ? En premier lieu, sensibiliser par l’information et l’éducation, sur les notions de milieu naturel, de chaîne alimentaire, d’interaction entre les espèces, de diversité des comportements, de modes de reproduction … les meilleurs moyens d’une bonne prise de conscience environnementale. Alors, un jour peut-être, ce vieux «Serpent de Mer » de la Protection de la Nature sera-t-il, Il y a plus 40 ans, 1970 avait, déjà, été déclarée Année internationale de la Protection de la Nature ! Il serait intéressant de pouvoir dresser un bilan de ce qui a, malgré tout, été perdu (sans doute la plus grande part), pu être sauvé ou être acquis. En attendant, à nous d’apporter, chacun à notre niveau, notre contribution pour faire en sorte que, dans 40 ans et pour toutes les espèces, il fasse encore bon vivre en ce bas monde, y compris dans les ZH.
Légende de la photo ci-dessus, prise de nuit par Gilbert Fournier , entre Dahab et Sharm El Cheik (Sinaï). A l'occasion de cette plongée de rêve, pour s'approcher aussi près sans provoquer le retrait des polypes, il faut être seul et progresser très prudemment. Les Alcyonaires ou "Coraux mous" dominent ici ( Dendronephthya hemprichi ) et occupent une grande partie de l'image. Au premier plan, presque au centre, coincé entre les Alcyonaires, une Gorgone de Crossland ( Acabaria crosslandi ) et sur la droite , une Eponge perforante dite "de feu" ( Cliona vastifica ). Vers le haut de l'image, sur la gauche, une sorte de "rince bouteille " très fin, jaune et tortueux ( Cirripathes anguina ), un Antipathaire ( Anthozoaire, Hexacoralliaire) ou "corail noirs" ( à cause du squelette corné noir), semble enlacer d'autres alcyonaires et Eponges rouges et blanches.
Photo Gilbert Fournier
Sous la Mer... un Univers... de Biodiversité ! Si les Forêts Vierges (il n'en reste, en fait, hélas, que très peu), ou Forêts Primaires, sont encore insuffisamment explorées du point de vue de leur Biodiversité, que dire des milieux marins, bien plus difficiles d'accès. Leur exploration n'en est qu'à ses débuts et leur diversité biologique apparaît, à priori, comme inépuisable ! Les plongées en eau (très) profonde, semblent, en particulier, vouloir réserver les plus surprenantes surprises ! Malheureusement, là aussi, au fur et à mesure que les limites techniques pour accéder à ces grandes profondeurs sont repoussées, prélèvements anarchiques et destruction priment, comme d'habitude, sur l'inventaire et l'étude scientifique. Il est vrai que la recherche scientifique qui demande du temps, beaucoup de temps, n'est pas en mesure de luter avec le court terme de l'exploitation de toute nouvelle ressource ! La destruction des Mangroves, des Herbiers, des Récifs coralliens et maintenant aussi des milieux marins profonds - par dragage en particulier - nous prive en fait d'une diversité biologique, génétique, mais aussi biochimique. En effet, de nouvelles molécules, issues du milieu marin, sont régulièrement mises en évidence pour traiter telle ou telle pathologie humaine; le temps de les étudier, de les tester et de les synthétiser - ce qui demande 20 à 30 ans - et l'espèce peut avoir disparue ! Ces nouvelles molécules se rencontrent surtout chez les animaux fixés ou à mobilité réduite ; la fuite, et pour cause, ne pouvant être adoptée comme stratégie de défense, c'est celle de la synthèse de toxines originales, voire très spécifique, qui est retenue. Exemples : des molécules extraites au départ d'une espèce d'Ascidie sont désormais utilisées pour leurs propriétés anticancéreuses. De même les Eponges commencent à livrer des molécules permettant de luter contre des maladies dégénératives type Alzheimer. Les Cônes des Philippines ne sont pas en reste avec de puissants antidouleurs issus du venin le plus fort jamais élaboré par la Nature! Les exemples pourraient se multiplier et en jouant à l'apprenti sorcier pour un profit à court terme, l'homme risque de se priver, du même coup, de ressources biochimiques qu'il ne soupçonne même pas ! Il y a urgence à réglementer l'accès à toutes les ressources issues de la Biodiversité en général et marine en particulier, sans oublier, bien sûr, de se doter des moyens susceptibles de faire respecter cette règlementation !
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