La ferme familiale de Recin (Tourmont) et le travail dans les champs
Né en 1938, troisième enfant d’une famille de dix, ma vie a débuté à la ferme agricole familiale de Reçin, un hameau du village de Tourmont dans le Jura. La polyculture s’imposait en cette période de guerre. Le travail à la ferme et dans les champs ne connaissait pas les facilités de maintenant. Aujourd’hui on qualifierait de "très dure" la vie qui était la nôtre, mais on ne connaissait rien d’autre et à cette époque cela était tout à fait naturel. Cette vie était des plus saines et nous n’avions pas de raison de nous plaindre à ce moment là. Toutefois, mes origines ne présageaient en rien de la vie qui m’attendait.
( Extrait de mon livre Vol 1, Page 64 : Il devenait si difficile pour moi, d’expliquer tout ce que j’avais eu le privilège de voir, que j’ai décidé de m’équiper du matériel nécessaire pour faire de la photo sous-marine. Durant un stage au Cap Croisette, chez Roger Poulain, après la plongée de l’après-midi, je me suis rendu à Marseille, au Vieux-Port, au magasin “La Plongée“, pour y acheter un Nikonos II avec un flash, dans un boîtier. Bien entendu, dès le lendemain matin, assez fier, je suis descendu avec mon nouvel équipement. Cela se passait près de l’île de Riou, par 40 mètres de fond; je l’observais pour voir s’il se comportait bien à cette pression, ok, pas de problème au niveau de l’étanchéité. Le boîtier du flash était en Plexiglas transparent, son couvercle était fixé à l’aide de deux tiges filetées avec écrous papillon. Au cours de la descente, la pression ambiante augmentant, il en résulte une dépression à l’intérieur du boîtier, qui lui ne se déforme pas, mais le joint torique se comprime, s’écrase et en quelque sorte libère les écrous papillon. Tant que l'on se maintient à cette pression, tout se passe normalement, mais en évoluant, les écrous papillon se sont libérés et dévissés. Au cours de la remontée, la pression diminuant, l’air à l’intérieur du boîtier reprend progressivement son volume initial, ainsi que le joint torique, mais les écrous n’étant plus suffisamment serrés pour que l’étanchéité soit assurée, en arrivant au niveau des trois mètres, alors que l'on s’arrête pour y effectuer les paliers de décompression nécessaires, j’ai vu que mon boîtier était rempli d’eau blanche, réaction eau de mer et batteries et, bien entendu, le flash fut complètement détruit. Si mes premières photos furent assez bien réussies, j’étais quand même bien triste à la vue de mon flash qui n’aura connu qu’une seule plongée. Après cette fâcheuse aventure, il me fut aisé de constater concrètement et à mes dépens les effets relatifs à la loi de Mariotte, une des lois majeures qui régissent les problèmes de la plongée sous-marine. Enfin, il m’en aurait fallu davantage pour arrêter mon idée de fixer la beauté des fonds des îles de Riou, de Maire, du grand Conglue, du cap Morgiou et de bien d’autres sites encore. Le soir même, je suis reparti au magasin “La Plongée“. Je n’oublie pas l’extrême gentillesse de la patronne qui, tout juste après lui avoir expliqué ce qui m’était arrivé et sans autre explication, m’a gentiment redonné un nouveau flash. Avant toute autre immersion, j'ai adapté un système pour bloquer les écrous papillon sur le couvercle du boîtier. Ce furent là mes débuts dans la pratique de la photo sous-marine. Très vite, plongée et photo sont devenues un tout et une passion. Plus jamais l’un n'est allé sans l’autre ; le matériel d’éclairage a été remplacé par un équipement Imasub de Carlo Cecacci. Sans cesse amélioré, il a toujours fait partie de mon équipement de base au même titre que mes bouteilles ou mes palmes…
C’est alors qu’au retour de mon service militaire, en 1961, j’ai suivi un stage de plombier sanitaire au sein de l’AFPA. En fin de stage, de nombreux patrons et chefs d'entreprise venaient dans les ateliers de formation; ils nous faisaient des offres en nous demandant de les rejoindre dès la fin des examens. Il y en avait tant de ces patrons que l’on se permettait de choisir le plus près de chez soi et bien entendu le plus offrant. Ainsi, durant 17 années, j'ai pratiqué le métier de plombier sanitaire et chauffage dans une entreprise de Luxeuil-les-Bains. Je travaillais beaucoup (bien souvent plus de 2 X 35). De plus, en autodidacte, je continuais d'étudier toutes les nouvelles techniques et avancées en la matière. Un jour, suite à une annonce de recrutement d’enseignants au sein de l’AFPA, j’ai postulé et passé avec succès tous les examens pour, à mon tour enseigner la pratique et la technologie très spécifique à ce métier que cet organisme du ministère du travail m’avait appris 17 années auparavant. (L'image ci-contre a été prise au Centre Formation de Metz, en compagnie d'élèves pour la transmission du savoir-faire).
J’ai été immédiatement séduit par ce monde que l’on qualifie communément de “merveilleux“ et je ne dirai pas le contraire ! Alors je voulais le raconter, partager ces découvertes. Mais je me suis rendu compte que c’était trop difficile à imaginer et à comprendre pour quelqu’un qui ne connaissait pas ce milieu. Il faut bien penser qu'à cette époque, il n'y avait pas autant de plongeurs et beaucoup moins de téléviseurs ! Alors j'ai : rien de mieux pour moi que de faire des photos et de les montrer.
comme on disait et à 40 mètres à Kruth Wildenstein, ainsi que dans le lac de Gérardmer. Hormis les rencontres avec les truites, les carpes, les brochets, les lottes, à vrai dire ces fonds n’étaient pas très attractifs. Par contre dès mes premières immersions en mer, autour de l’archipel de Riou, près de Marseille, que nous nous sentions à l’aise après cette dure école dans les lacs de l’Est !
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En 1958, j’ai été appelé sous les drapeaux pour y passer… 30 mois. Le train aéroporté, à vrai dire ce n’était pas mal, car j’y ai reçu un très bon apprentissage de la mécanique. Parallèlement j'ai découvert un sport qui m’a vraiment passionné : le parachutisme (avec le béret rouge et son fameux macaron ou la casquette camouflée des Bigeard Boy). Certes, à l'époque, l’objectif de cet entraînement de six mois dans le Sud-ouest de la France était tout autre qu'une préparation à des JO ! À la suite de ces spécialisations, j’ai été envoyé en Algérie. C’est ainsi que, durant une longue période comme chef de rame, j’ai été détaché au sein des Régiments de la 25iem DP, principalement avec le 9iem RCP, (Régiment de chasseurs parachutistes) et le 2iem REP (Régiment étranger parachutiste). Cette affectation m'a permis de découvrir l’Algérie d’Est en Ouest, de la frontière tunisienne à la frontière marocaine et du Nord au Sud, des côtes de la Méditerranée aux portes des déserts en passant par les Montagnes des Aurès, de la Petite et de la Grande Kabylie. Si ce fut une grande aventure, pas toujours joyeuse, mais un tel vécu, ça forge et ça trempe quelqu’un.
De Recin à Manille... passions d'une vie, par Gilbert Fournier (page 1)
Parallèlement, en 1970, j'ai découvert un autre sport: la plongée sous-marine et je suis aussitôt devenu un disciple accro, cette fois-ci du bonnet rouge et des palmes. Étant donné que, lorsque j'entreprends quelque chose, surtout si cela me plaît et me convient sur le plan physique, je ne suis pas d'un tempérament à le faire à moitié, je passais tous mes temps libres et congés à la pratique de ce sport, à étudier tous les aspects, physiques bien sûr mais aussi physiologiques et techniques s'y rapportant, ceci sous la houlette de la FFESSM. Ainsi, en l’espace de trois années de pratique, d’études et de stages, j’ai passé tous les échelons jusqu’au monitorat. Durant huit années, j’ai participé à la fondation, puis dirigé et entraîné le “Club de plongée Lure Luxeuil“; le jour où j’ai dû passer la main pour d’autres horizons, notre club comptait 72 licenciés, ce qui était formidable pour cette région de Haute Saône ! Été comme hiver, par temps de neige, sous la glace, tous les lacs, résurgences et trous d’eau du Jura, de la Haute Saône, des Vosges et du Haut-Rhin peuvent témoigner de cet entraînement intensif et ininterrompu. Oui il fallait être un peu fou, car la qualité des habits (combinaisons) à cette époque n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui et je n’avais pas les moyens d’en changer chaque fois qu’il y avait des accros. Par expérience je sais dans quelle mesure l’organisme peut réagir lorsque cette eau glacée vous arrive au niveau du nombril; même en été, les eaux des barrages hydrauliques d’Alfeld et de Kruth Wildenstein sont très froides ! Mais c’étaient les lieux les plus fréquentés pour les entraînements de tous les plongeurs de la région, pour les passages des brevets de la FFESSM et surtout le 2iem échelon et monitorat. En effet, nous pouvions descendre jusqu’à une vingtaine de mètres à Alfeld, à la crépine,
En plus d'un diplôme délivré par la Chambre d'agriculture du Jura, suite à des cours par correspondance que j'ai suivis pendant deux années durant le temps passé à la ferme, plus mes certificats de mécanique, mon brevet de parachutiste, mes permis de conduire VL, PL, PL avec remorque et les médailles qui m'ont été remises en fin de service, je ne possédais qu'un certificat d'études. De ma faute … ! Parce que par deux fois je me suis sauvé de la pension où j’ai été envoyé à l’âge de 12 ans pour y étudier. Les fenêtres des salles de classe donnaient sur les flancs d’une magnifique vallée reculée, cette montagne jurassienne si verte, si belle tant en été qu’en hiver. Bref, il aurait fallu que les tableaux noirs soient fixés dans l’encadrement de ces fenêtres afin que je puisse mieux lire et surtout davantage retenir ce qui était écrit dessus ! Mais cette nature m’attirait bien davantage que ces panneaux noirs que je trouvais vilains. (Ci-contre, ce qui était une "piscine" dans laquelle j'ai appris à nager, activité plus intéressant que celles d'une salle de classe !)
De haut en bas . Paysage sous la Mer Méditerranée (entrée tunnel Île de Jarre . Corail rouge dans grotte en Méditerranée. Baliste à rides bleues devant matériel photo aux Philippines.
Remarques préliminaires : Gilbert Fournier compte parmi les plus anciens et fidèles correspondants du Cercle Aquariophile de Nancy (CAN) et du Muséum-Aquarium de Nancy (MAN), puisque nous nous connaissons depuis... 1981 ! Même "expatrié" aux Philippine depuis 1985, Gilbert à toujours répondu présent dès qu'il s'agissait de contribuer à animer telle ou telle réunion ou conférence, illustrer tel ou tel article, nous autorisant à puiser sans limites dans une photothèque à faire pâlir de nombreux pros de la photo subaquatique et sous-marine. Gilbert nous propose ici un résumé de sa vie pour le moins "agitée", qui devrait intéresser bon nombre de lecteurs. Les plus anciens bien sûr pour qui sa "machine à remonter le temps" rappellera bien des souvenirs ! Les plus jeunes aussi qui devraient pouvoir y capter l'énergie nécessaire pour oser mener à bien la vie dont ils rêvent. Denis Terver Rappels : merci de vous reporter à la rubrique "Accueil" et si vous souhaitez réentendre la voix de Gilbert Fournier = http://youtu.be/l6MF29LTo6M Merci aussi de vous reporter à la rubrique "Biodiversité" pour y retrouver bon nombre des images de Gilbert et en particulier celle du bandeau ci-dessus. Voir aussi sur AquaPortail : http://www.aquaportail.com/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=4559&viewmode=flat&order=ASC&start=0

Biographies : Albert Falco - Jacques Arnoult - Guy Favé - Bruno Condé - Jacques Géry - Gilbert Fournier p1, p2, p3 - p4 a - p4 b Denis Terver -
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